Alors qu’Haïti traverse une crise dévastatrice marquée par une escalade de la violence et de l’anarchie, une intervention internationale urgente est nécessaire pour faire face au chaos croissant. Alors que le président Joe Biden s’apprête à quitter ses fonctions et que Donald Trump s’apprête à prendre le pouvoir, la nécessité d’une action décisive est évidente.
Les Haïtiens subissent des niveaux de brutalité sans précédent. Rien que cette année, des bandes criminelles ont tué au moins 5 000 personnes et perpétré d’horribles massacres. Des femmes et des filles sont violées, des enfants sont forcés de rejoindre des bandes armées et des personnes âgées sont prises pour cible, abattues, décapitées et brûlées.
En plus de la terreur généralisée, des balles sont tirées sur les compagnies aériennes commerciales, incitant les transporteurs américains comme American Airlines, Spirit et JetBlue à suspendre leurs opérations. Les travailleurs humanitaires abandonnent le pays et la violence est devenue endémique, les chefs de guerre terrorisant les communautés.
La mission actuelle autorisée des Nations Unies, dirigée par le Kenya et largement financée par les États-Unis, n’a pas réussi à contenir les gangs responsables du carnage. Depuis l’arrivée des forces kenyanes en juin, la situation s’est aggravée. Les 416 membres du personnel de la mission ont eu du mal à conserver le territoire ou à réaliser des progrès significatifs contre la violence. Le contrôle des gangs continue de s’étendre, entraînant la fermeture des hôpitaux et des écoles, une pénurie alimentaire croissante et le déplacement de plus de 700 000 personnes.
Un récent rapport de Human Rights Watch souligne le besoin urgent d’une nouvelle mission officielle des Nations Unies, plus forte et mieux équipée pour rétablir la sécurité tout en respectant les droits de l’homme. La force actuelle, sous-financée et en sous-effectif, ne peut pas relever les immenses défis d’Haïti. Une force plus importante, mieux dotée en ressources et dotée de financements dédiés, est essentielle pour aider à stabiliser le pays.
Une nouvelle mission doit inclure des moyens de qualité militaire, tels que des hélicoptères, des drones et des chars, ainsi que du personnel formé aux opérations militaires. Le message adressé aux gangs doit être clair : « Assez, c’est assez ».
La communauté internationale, en particulier les États-Unis et la nouvelle administration Trump, a un rôle essentiel à jouer en plaidant en faveur d’une mission plus robuste – sans recourir aux troupes américaines sur le terrain.
Le candidat de Trump au poste de secrétaire d’État, le sénateur Marco Rubio, originaire de Miami, comprend l’histoire d’Haïti. Rubio a déjà soutenu que les États-Unis ne devraient pas intervenir en Haïti, mais espérons que cette position isolationniste aussi stricte changera. Il ne fait aucun doute que pour aborder la question de la migration et de la sécurité à la frontière américaine, il faudra contribuer à stabiliser Haïti et la région dans son ensemble.
Malgré son soutien à la mission dirigée par le Kenya, l’administration Biden n’a pas réussi à répondre efficacement à la crise. Les États-Unis n’ont pas réussi à empêcher le trafic d’armes et n’ont pas pris la tête des efforts de sécurité d’Haïti. Au lieu de cela, l’administration a délégué la responsabilité à la communauté caribéenne et au Kenya, avec peu de succès. Au moment où Washington est intervenu en imposant des sanctions et en évinçant un Premier ministre, la situation avait déjà empiré.
La communauté internationale doit une fois de plus s’unir pour apporter une aide concrète à Haïti.
Il est essentiel de transformer l’actuelle mission multinationale de soutien à la sécurité dirigée par le Kenya en une mission officielle de maintien de la paix des Nations Unies. Avant de quitter ses fonctions, l’administration Biden soutient cette initiative. Nous ne pouvons qu’espérer qu’ils réussissent cette intervention nécessaire. Ne pas agir rapidement ne fera qu’aggraver la crise en Haïti et avoir des conséquences désastreuses pour le pays et les États-Unis.
Comité de rédaction du Miami Herald/Tribune News Service




