L’ancien parlementaire Hugue Célestin, dans un texte publié la semaine dernière sur Réseau Nord-Ouestrappelle que la Constitution haïtienne de 1987, adoptée massivement, interdit formellement le recours au référendum. Cette interdiction souligne l’incompatibilité de cette démarche avec les principes fondamentaux du pays. Par ailleurs, il précise qu’aucun Conseil Électoral Provisoire (CEP) ne pourrait légalement exister avec pour mission d’organiser un référendum, une telle disposition n’étant prévue par aucune loi haïtienne.
à lire aussi : Député Hugue Célestin. Amendements constitutionnels en Haïti : l’article 282 face aux ambitions des élites
Pour le Dr Josué Renaud, de New England Humans Right Organization (NEHRO), le BINUH illustre son mépris envers le peuple haïtien en soutenant les dérives d’un gouvernement illégitime et inconstitutionnel. Il rappelle que cette institution avait déjà suscité des critiques en saluant la création de la fédération des gangs G9 an Fanmi il y a plus de cinq ans. « Ils essaient maladroitement de nous vendre une nouvelle image de « Viv Ansanm », la pire organisation terroriste au monde« .
La Constitution prévoit des mécanismes spécifiques pour son amendement, et personne n’a le droit de la supprimer, de la modifier ou de la remplacer sous aucun prétexte, a-t-il affirmé, en appelant au respect de la souveraineté populaire exprimée.
Enfin, il a souligné que les deux derniers membres nommés au Conseil Électoral Provisoire (CEP) ne représentent aucun secteur significatif, si ce n’est celui des adversaires de la République et des intérêts du peuple.
à lire également : Helen La Lime déclare devant le Conseil de Sécurité que « l’une des plus larges alliances de gangs a bloqué le terminal pétrolier Varreux »
Monsieur le Président, Distingués Membres du Conseil, Excellences, Mesdames et Messieurs,
Le paysage politique en Haïti a connu des évolutions positives depuis mon dernier exposé. La nomination d’Alix Didier Fils-Aimé au poste de Premier ministre le 11 novembre a amélioré la collaboration entre le Gouvernement et le Conseil Présidentiel de Transition (TPC). Cette coopération a permis de progresser sur des décisions critiques en matière de gouvernance.
L’amélioration de la dynamique de coordination entre le Conseil présidentiel de transition et le gouvernement actuel a permis d’affiner et de cibler avec succès les « priorités des priorités » de la transition : « sécurité, élections et apaisement social », et a contribué à faire avancer certaines décisions clés de gouvernance qui étaient auparavant en suspens. Je félicite la nomination des deux membres restants du Conseil électoral provisoire. Quatre des neuf membres sont désormais des femmes, une étape importante vers une plus grande inclusion du genre dans le processus électoral.
Je salue également la nomination des ministres délégués aux Affaires électorales et constitutionnelles et à la Solidarité et aux Affaires humanitaires, qui, je l’espère, renforceront la visibilité de ces deux portefeuilles clés.
En réponse à une demande du gouvernement haïtien, les Nations Unies ont déployé une mission d’évaluation des besoins électoraux en novembre. Les recommandations de la mission, approuvées par le Point focal pour l’assistance électorale, incluent un soutien ciblé aux processus constitutionnels et électoraux.
Pendant ce temps, la Conférence nationale sur la réforme constitutionnelle poursuit ses travaux. En novembre et décembre, le Groupe de travail sur la révision constitutionnelle a collaboré avec divers secteurs de la société pour recueillir des points de vue sur les principes constitutionnels clés. Des consultations plus larges avec la diaspora haïtienne et à travers le pays commencent cette semaine pour garantir l’inclusivité. Le référendum constitutionnel et les élections générales restent prévus pour cette année, ce qui nécessite des mesures de sécurité accrues, un engagement soutenu et des progrès rapides.
La création du Conseil national de sécurité est une autre réalisation notable. Ce mécanisme de planification et de coordination, a le potentiel de renforcer considérablement les efforts de sécurité d’Haïti. J’encourage les autorités à rendre pleinement opérationnelle cette structure afin de maximiser son impact.
Monsieur le Président, Excellences
Même s’il y a des progrès sur le plan politique et des raisons d’espérer timidement, le cadre de transition reste fragile. La fragmentation croissante des secteurs politiques intégrés au Conseil présidentiel de transition, combinée aux critiques persistantes à l’encontre de ce Conseil, complique le processus. Les allégations de corruption visant trois membres du Conseil ont exacerbé les tensions et remis en question la légitimité de ses actions.
Récemment, certains acteurs politiques ont demandé l’aide du Groupe de personnalités éminentes de la CARICOM pour faciliter un dialogue national. Une lettre adressée à la CARICOM par des acteurs de trois groupes politiques qui font partie du Conseil présidentiel de transition, propose différentes options pour résoudre les différends autour de cette question. Cependant, la mention dans la lettre d’une coalition de gangs a suscité de vives critiques, soulignant une opposition généralisée à toute interaction avec des gangs criminels. Ces évolutions montrent que toute tentative de légitimer les gangs armés est rejetée par la majorité des acteurs haïtiens et le public en général.
Monsieur le Président,
La crise humanitaire en Haïti a atteint des niveaux alarmants. Plus de 6 millions de personnes – près de la moitié de la population – ont besoin d’une aide humanitaire, dont 3,9 millions sont ciblées. Le nombre de personnes déplacées à l’intérieur du pays a triplé pour atteindre plus d’un million, dont plus de la moitié sont des enfants. Les sites de déplacement sont surpeuplés et manquent de services essentiels tels que l’eau potable, l’assainissement et l’éducation.
L’insécurité alimentaire touche 48 pour cent de la population, avec près de 2 millions de personnes en situation d’urgence (phase 4 de l’IPC) et 6 000 dans des conditions catastrophiques (phase 5 de l’IPC). Malgré ces défis, les partenaires humanitaires ont mené 700 missions de l’ONU au quatrième trimestre, dont 500 directement liées à l’aide vitale.
Le Plan de réponse humanitaire 2025 nécessite 908 millions de dollars, et j’appelle les donateurs à contribuer généreusement pour alléger les souffrances et soutenir le relèvement.
Excellences,
En cette période cruciale, Haïti a plus que jamais besoin de votre soutien continu. Pour organiser un processus de révision constitutionnelle et des élections crédibles, participatives et inclusives dans ce contexte de crise, les acteurs haïtiens doivent surmonter leurs différences et collaborer. Une solution durable nécessite des progrès simultanés sur les fronts politique et sécuritaire, soutenus par une solidarité internationale constante.
Le BINUH continuera à offrir ses bons offices et son soutien stratégique pour aider Haïti à relever ces défis complexes.
Merci.



