Escalade de violence à Carrefour et Gressier : Le RNDDH appelle à une action urgente

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Le RNDDH réclame en ‘urgence une intervention étatique ferme et coordonnée pour mettre un terme à la violence qui sévit à Carrefour et Gressier. Sans une action rapide et déterminée, ces communes risquent de sombrer encore plus profondément dans l’insécurité, au détriment de leurs habitants qui aspirent à vivre en paix.

Depuis plusieurs mois, les communes de Carrefour et de Gressier sont plongées dans une spirale de violence qui préoccupe profondément la population haïtienne. Le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) a publié un rapport alarmant sur la situation, signalant que cette crise, en gestation depuis 2021, s’est considérablement aggravée en 2023 et 2024, avec des conséquences dramatiques pour les habitants de ces communes et pour la région du Grand Sud.

Malgré les nombreux appels à l’aide lancés par des organisations de la société civile et relayés par les médias, la réponse de l’État haïtien reste insuffisante. Les autorités peinent à reprendre le contrôle de Carrefour et de Gressier, où des bandes armées font régner un climat de terreur. Le RNDDH, à travers son programme de monitoring, a documenté l’ampleur de cette violence et partage aujourd’hui les données recueillies sur le terrain.

Le bilan humain et matériel dressé par le RNDDH est accablant. De janvier à juillet 2024, au moins soixante-six personnes ont été assassinées ou portées disparues. Parmi elles, on compte quatre agents de la Police Nationale d’Haïti (PNH), quinze femmes, une mineure, et douze personnes âgées de soixante à plus de quatre-vingts ans. Ces chiffres, basés sur des informations de la presse, des visites de terrain et des témoignages des victimes, révèlent l’ampleur des violences subies par la population.

Le rapport fait également état de quarante-six femmes et filles victimes de violences sexuelles, selon les données recueillies par trois organisations locales : Òganizasyon Fanm k ap Konbat pou Lavi Miyò (OFAKOLAM), Jeunesse Combattante (JECO) et l’Organisation féministe Nègès Mawon. En plus de ces violences, des centaines de maisons ont été pillées, incendiées ou occupées illégalement par des bandits. De nombreux véhicules ont été volés, et des marchandises dérobées, laissant les familles sans ressources.

Face à cette situation désastreuse, le RNDDH appelle les autorités à agir de toute urgence pour rétablir l’ordre et la sécurité à Carrefour et Gressier. Le rapport recommande de doter la PNH de moyens adéquats pour affronter les bandes armées, de reprendre le contrôle des institutions locales, de traquer les criminels et de les traduire en justice. Il demande également une assistance financière et psychologique pour les victimes, ainsi que le rétablissement des conditions de paix et de sécurité pour permettre le retour des familles déplacées. Enfin, le RNDDH exhorte l’État à mettre fin au gaspillage des ressources publiques et à les utiliser de manière plus efficace pour résoudre cette crise.

À suivre