Haïti – Danser sur la misère : le carnaval CPT-Fils Aimé (ekip 16/100 an) au mépris des urgences sociales

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releifweb: « Dans le plus grand bidonville de la capitale Port-au-Prince, les femmes luttent pour survivre. Seules les équipes de Médecins Sans Frontières (MSF) fournissent des soins gratuits à la population de ce quartier ravagé par la violence. »

Le carnaval national CPT-Fils Aimé se déroulera « voir non« , selon un CPTiste, à Fort-Liberté du 2 au 4 mars 2025. Toutefois, une interrogation subsiste : les femmes et les laissés-pour-compte de Cité Soleil, prisonniers de la violence des gangs et de l’extrême pauvreté, pourront-ils participer à cette célébration financée par l’État haïtien ?

Avec un budget annoncé de 536 millions de gourdes, revu à la baisse par la suite – ce qui demande à être prouvé par des documents justificatifs – le carnaval de CPT-Fils Aimé, équipe classée dernière de l’école Corruption Perception Index (16 points sur 100), se prépare dans un faste qui contraste cruellement avec la réalité quotidienne de beaucoup d’Haïtiens. A Cité Soleil, l’insécurité, les pénuries alimentaires et le manque d’accès aux soins laissent peu de place à la fête. La violence persiste : enlèvements, meurtres et agressions sexuelles se multiplient, tandis que les infrastructures de base comme l’eau potable et l’assainissement sont quasi inexistantes, comme à Terre Terrible, dans la commune de Saut- d’Eau.

En 2024, Médecins Sans Frontières a traité plus de 4 463 victimes de violences sexuelles à Port-au-Prince. En arrière-plan, les festivités du carnaval appartiennent à un autre monde, celui des « nouveaux riches » et de ceux qui ont les moyens d’échapper à la pauvreté et à l’insécurité. Pendant que les chars défilent et que les fanfares du « carnaval sans conscience » jouent à Fort-Liberté, les femmes de Cité Soleil continuent de lutter pour leur survie, loin des projecteurs.

Par ailleurs, selon Reliefwebla saison des pluies prévue en mai risque d’exacerber une situation déjà précaire : les systèmes d’assainissement, insuffisants et délabrés, pourraient déborder, rendant encore plus difficile l’accès à Brooklyn, ce quartier de Cité Soleil relié à la capitale par une unique route, elle-même envahie de déchets et d’eaux stagnantes.

Voltaire et Fils-Aimé, portés par leurs discours et leurs certitudes, croient-ils vraiment pouvoir orchestrer un carnaval et, dans la foulée, donner naissance à un référendum voué à une fausse couche en l’espace de deux mois ? Ont-ils seulement pris la mesure de l’éphémérité du pouvoir ? Ont-ils envisagé qu’un jour, inévitablement, l’heure viendra où ils devront rendre des comptes ?

CBA

À suivre