Joe Biden a pris tout le monde de court en accordant une « grâce complète et sans conditions » à son fils, Hunter Biden, invoquant des poursuites qu’il juge « injustes et sélectives ». Cette décision, qui intervient dans un contexte de controverses judiciaires et politiques, a été vivement contestée par David Weiss, procureur spécial en charge de l’affaire, qui rejette les accusations de partialité et met en garde contre une possible instrumentalisation politique du dossier.
Hunter Biden, quant à lui, est poursuivi dans deux affaires distinctes : une accusation de fraude fiscale en Californie et une affaire de possession illégale d’arme dans l’État du Delaware. Jusqu’à présent, huit demandes visant à annuler les charges pour fraude fiscale ont été déposées par ses avocats, sans qu’aucune ne soit jugée recevable. Les juges fédéraux Mark Scarsi et Maryellen Noreika sont désormais appelés à se prononcer sur les accusations restantes. Leur décision sera cruciale, car elle conditionne l’application effective de la grâce présidentielle.
Cette intervention présidentielle soulève des questions complexes sur l’usage de la grâce aux États-Unis. La Constitution américaine confère au président le pouvoir exclusif de gracier toute personne accusée ou condamnée pour des infractions fédérales, mais ce pouvoir est souvent entouré de controverses, surtout lorsqu’il est perçu comme motivé par des intérêts personnels. Dans ce cas précis, les critiques dénoncent un possible conflit d’intérêts et une atteinte au principe d’égalité devant la loi.
Par ailleurs, cette affaire intervient alors que Joe Biden s’approche de la fin de son mandat, dans un contexte où chaque décision présidentielle est scrutée pour ses implications politiques. Bien qu’il ait précédemment affirmé qu’il n’interviendrait pas dans les affaires judiciaires concernant son fils, cette grâce semble aller à l’encontre de cet engagement, alimentant les débats sur l’indépendance de la justice et la séparation des pouvoirs.
Alors que les juges fédéraux s’apprêtent à trancher, l’affaire Hunter Biden continue de cristalliser les tensions. Les partisans du président défendent un acte courageux face à ce qu’ils considèrent comme des poursuites abusives, tandis que ses détracteurs y voient un abus de pouvoir. À l’approche de son départ de la Maison-Blanche, cette décision pourrait bien laisser une empreinte durable sur l’héritage de Joe Biden et exacerber les divisions politiques aux États-Unis.
Jean Herold SAINVIL



