JP Morgan transfère ses emplois de trading à Paris vers Londres dans le cadre d’une refonte post-Brexit

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JP Morgan est en train de mettre tranquillement fin à une partie de sa construction parisienne post-Brexit, en transférant une partie de ses fonctions commerciales à Londres dans ce que les initiés décrivent comme un recalibrage plutôt qu’un retrait du continent.

Le géant de Wall Street, qui a pris des mesures agressives pour renforcer ses opérations en France après le départ de la Grande-Bretagne de l’Union européenne, a conclu qu’il avait dépassé ses prévisions en estimant le nombre d’employés basés dans l’UE dont il aurait besoin pour satisfaire les régulateurs du bloc. Une poignée de commerçants font désormais leurs valises pour la City, la banque citant une combinaison d’exigences de rôle évolutives, de clarté réglementaire et, de manière révélatrice, de considérations fiscales personnelles parmi les banquiers eux-mêmes. Bloomberg a été le premier à annoncer cette décision.

“Paris est le siège de l’équipe commerciale et commerciale européenne de JP Morgan, et nous sommes déterminés à poursuivre nos opérations importantes sur le continent sur le long terme”, a insisté un porte-parole de la banque, dans un langage destiné à apaiser l’Élysée autant que les marchés.

La sortie de la Grande-Bretagne de l’UE a déclenché l’une des refontes structurelles les plus perturbatrices que le secteur bancaire mondial ait connues depuis une génération. Les prêteurs ont été contraints de redistribuer leurs actifs, leurs capitaux et leur personnel entre les juridictions pour maintenir l’accès des clients et les régulateurs à leur côté. JP Morgan fut parmi les acteurs les plus enthousiastes, transplantant des centaines de banquiers outre-Manche et faisant de Paris une véritable plateforme commerciale européenne.

Cette stratégie a porté ses fruits, du moins sur le plan diplomatique. Le directeur général Jamie Dimon, largement considéré comme le banquier le plus influent au monde, a reçu la Légion d’honneur française en reconnaissance de la contribution de la banque à l’élévation du statut de la capitale française dans la finance internationale. À la fin de l’année dernière, JP Morgan comptait environ 1 000 collaborateurs en France, dont 650 du côté des marchés.

Ce chiffre dérive désormais dans la direction opposée, et ce n’est pas une coïncidence. La banque poursuit ses projets pour une tour colossale de 3 mètres carrés à Canary Wharf, dévoilée à la suite d’un budget d’automne qui, au grand soulagement du Mille carréa épargné au secteur bancaire une longue descente fiscale. La chancelière Rachel Reeves a salué le projet comme « un vote de confiance de plusieurs milliards de livres sterling dans l’économie britannique ».

Les chiffres sont époustouflants, même au regard des normes britanniques en matière de dépenses d’infrastructure. Le développement devrait injecter jusqu’à 10 milliards de livres sterling dans l’économie au sens large, générer 7 800 emplois dans la construction et la chaîne d’approvisionnement et, à terme, accueillir jusqu’à 12 000 employés, consolidant ainsi Londres comme la principale base de JP Morgan en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique.

Mais l’affaire n’est pas conclue. JP Morgan a clairement indiqué que le gratte-ciel ne s’élèverait que si Westminster maintenait un climat budgétaire favorable. Un rapport du conseil municipal de Tower Hamlets a révélé que la banque avait fait pression pour « des taux d’incitation aux entreprises sur une période de plusieurs années », et les ministres eux-mêmes ont averti les autorités locales qu’il était « peu probable que JP Morgan progresse » sans « clarté et certitude » sur son éventuelle facture fiscale.

Pour les propriétaires de PME qui regardent de côté, le message est mitigé. Un centre financier londonien revigoré serait un coup de pouce pour les entreprises de services professionnels, les fournisseurs et les écosystèmes hôteliers et immobiliers plus larges qui dépendent d’un Square Mile florissant. Pourtant, le sous-texte indubitable, selon lequel même les prêteurs de premier ordre les plus mauvais sont prêts à jouer dur en matière fiscale, rappelle que le règlement post-Brexit reste un travail en cours et que les capitaux libres continueront de tester les limites de la compétitivité britannique.


Paul Jones

Ancien élève de Harvard et ancien journaliste du New York Times. Rédacteur en chef de Business Matters depuis plus de 15 ans, le plus grand magazine économique du Royaume-Uni. Je dirige également la division automobile de Capital Business Media et travaille pour des clients tels que Red Bull Racing, Honda, Aston Martin et Infiniti.


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