Le prix du pétrole grimpe vers les 100 dollars alors que le cessez-le-feu au Moyen-Orient commence à se détériorer

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Le bref soupir de soulagement sur les marchés mondiaux n’a duré qu’une journée à peine. Le brut Brent a fortement remonté vers les 100 dollars le baril jeudi après que l’Iran a décidé de fermer le détroit d’Ormuz, envoyant un signal clair que le fragile cessez-le-feu au Moyen-Orient était déjà en train de se briser.

L’indice de référence s’échangeait à 98,61 dollars le baril en début d’après-midi, soit une hausse de 4 pour cent, après avoir chuté de 16 pour cent la veille à moins de 91 dollars en raison de l’optimisme selon lequel une pause de deux semaines dans les hostilités pourrait ouvrir la voie à une paix durable. Cet optimisme semble désormais totalement déplacé.

La décision de l’Iran de fermer le détroit, par lequel passe environ un cinquième de la population le pétrole et le gaz du monde passes, est intervenue en réponse directe aux frappes aériennes israéliennes sur des cibles du Hezbollah au Liban, que Téhéran a condamnées comme une violation de l’accord de cessez-le-feu. Il s’agit d’une décision qui touche au cœur de la sécurité énergétique mondiale et qui alarmera dans une égale mesure les décideurs politiques et les chefs d’entreprise.

Sultan Al Jaber, directeur général de la compagnie pétrolière nationale Adnoc d’Abou Dhabi, n’a pas mâché ses mots. Il a clairement indiqué que l’Iran utilisait le passage par la voie navigable comme outil de pression politique plutôt que de respecter la liberté de navigation, une distinction extrêmement importante pour les entreprises qui dépendent de chaînes d’approvisionnement ininterrompues.

Nigel Green, directeur général du groupe consultatif financier DeVere, a fait écho à ces préoccupations, soulignant qu’un cinquième de l’approvisionnement mondial en pétrole continue de transiter par un corridor effectivement contrôlé par l’un des belligérants. Pour les PME déjà aux prises avec des coûts énergétiques élevés, il s’agit d’une situation profondément inconfortable.

Les marchés boursiers ont reflété cette ambiance morose. Le FTSE 100, qui avait connu sa plus forte séance depuis avril 2025 avec un gain de 2,5 pour cent mercredi, a cédé 0,2 pour cent pour s’échanger à 10 585. Sur le continent, le DAX allemand a perdu 1,4 pour cent et le CAC 40 français a chuté de 0,7 pour cent. En Asie, le Nikkei au Japon, le Kospi en Corée du Sud et le SSE Composite en Chine ont tous clôturé en baisse.

Wall Street, qui avait fortement rebondi du jour au lendemain avec un S&P 500 en hausse de 2,5 pour cent et un Dow Jones en hausse de près de 3 pour cent, devait ouvrir dans le rouge.

Le président Trump est intervenu sur les réseaux sociaux, confirmant que les forces américaines resteraient déployées dans le Golfe jusqu’à ce qu’un accord soit trouvé et respecté, mettant en garde contre de graves conséquences si tel n’était pas le cas.

Pendant ce temps, Israël a intensifié sa campagne militaire au Liban avec ses frappes les plus lourdes depuis l’escalade du conflit avec la milice du Hezbollah soutenue par l’Iran le mois dernier, avec plus de 250 morts.

Pour les entreprises britanniques, en particulier celles du secteur manufacturier, de la logistique et de tout autre secteur exposé aux prix de l’énergie, le message est sans appel. Le cessez-le-feu a peut-être offert un répit momentané, mais la volatilité sous-jacente au Moyen-Orient et ses conséquences directes sur le coût des affaires sont loin d’être résolues. Alors que le Brent se rapproche du triple des chiffres, les conseils d’administration de tout le pays vont revoir leurs stratégies de couverture et se préparer à ce qui pourrait être une période d’incertitude prolongée.


Jamie Jeune

Jamie Jeune

Jamie est journaliste principal chez Business Matters, apportant plus d’une décennie d’expérience dans le reporting commercial des PME britanniques. Jamie est titulaire d’un diplôme en administration des affaires et participe régulièrement à des conférences et des ateliers de l’industrie. Lorsqu’il ne rend pas compte des derniers développements commerciaux, Jamie se passionne pour encadrer les journalistes et les entrepreneurs de la relève afin d’inspirer la prochaine génération de chefs d’entreprise.


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