La majorité des individus ultra-riches de Grande-Bretagne réfléchissent activement à l’opportunité de quitter le pays, motivés non pas tant par le niveau d’imposition que par ce qu’ils considèrent comme un gouvernement incapable de fournir un cadre budgétaire stable.
Une enquête menée par le cabinet comptable BDO auprès de 200 multimillionnaires, chacun disposant d’une fortune personnelle d’au moins 50 millions de livres sterling, a révélé que les deux tiers d’entre eux avaient envisagé de déménager au cours des douze derniers mois. Le résultat le plus frappant, cependant, est la raison : 42 pour cent ont cité les politiques fiscales incohérentes comme le principal facteur à l’origine de leurs délibérations, tandis que 18 pour cent seulement ont cité les seuls taux d’imposition élevés.
La distinction compte. La Grande-Bretagne impose depuis longtemps des taux comparables ou supérieurs à ceux de ses voisins européens, mais les ultra-riches sont historiquement restés sur place. Ce qui semble avoir changé la donne, c’est une succession de revirements politiques et de menaces de réformes sous le gouvernement travailliste, notamment en matière d’impôts sur les successions et les plus-values, qui ont laissé les individus fortunés incapables de planifier en toute confiance.
Elsa Littlewood, associée en fiscalité chez BDO, a déclaré que bon nombre de ceux qui envisagent de partir préféreraient rester mais se sentent incapables de gérer une planification patrimoniale à long terme dans un contexte aussi imprévisible.
Depuis que les travaillistes ont pris le pouvoir, une série de départs très médiatisés ont souligné cette tendance. Le gestionnaire de hedge funds Michael Platt a transféré son family office à Dubaï. Le magnat du transport maritime d’origine norvégienne, John Fredriksen, a mis sur le marché sa maison de ville de Chelsea d’une valeur de 250 millions de livres sterling. Richard Gnodde, ancien banquier le plus important de Goldman Sachs en Europe, a déménagé à Milan, tandis que les frères Ian et Richard Livingstone ont déménagé leur résidence principale à Monaco. milliardaire indien Lakshmi Mittalrésident britannique depuis près de trois décennies, a également déménagé à Dubaï, tout comme l’homme d’affaires égyptien Nassef Sawiris.
L’exode a véritablement commencé lorsque Rachel Reeves, devenue chancelière, a aboli le statut de non-domicileun régime fiscal de longue date qui a rendu la Grande-Bretagne attractive pour les richesses mobiles à l’échelle internationale. Un projet d’impôt sur les successions de 40 pour cent sur les actifs mondiaux a suscité une opposition si féroce qu’il a ensuite été réduit, mais la confiance avait déjà été ébranlée.
Le deuxième budget de Mme Reeves en novembre a aggravé l’incertitude. Après avoir signalé d’éventuelles augmentations de l’impôt sur les plus-values, elle a finalement laissé la CGT largement intacte mais a augmenté les taux sur l’épargne et les dividendes et a introduit ce que les critiques ont qualifié de «taxe d’habitation» sur des propriétés de plus grande valeur, un ensemble de mesures que peu avaient anticipé.
Maxwell Marlow, directeur de l’Institut Adam Smith, a averti que l’absence de tout programme de remplacement pour attirer les capitaux et les dépenses des investisseurs fortunés en Grande-Bretagne signifiait que la population dans son ensemble en supporterait le coût.
Pour les lecteurs de Business Matters qui dirigent ou conseillent des entreprises qui dépendent de l’accès à capital fortunéle message des recherches de BDO est clair : ce n’est pas l’ampleur de la facture fiscale qui fait fuir les gens, mais l’incapacité de savoir à quoi ressemblera cette facture l’année prochaine. Il semble que la certitude soit devenue la denrée la plus rare dans la politique budgétaire britannique.
Amy Ingham
Amy est une journaliste nouvellement diplômée spécialisée dans le journalisme d’affaires chez Business Matters et responsable du contenu de l’actualité pour ce qui est aujourd’hui la plus grande source d’actualités économiques imprimées et en ligne du Royaume-Uni.



