L’INDDESC dénonce l’effondrement des droits économiques, sociaux et culturels des jeunes en Haïti

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COMMUNIQUÉ DE PRESSE

L’INDDESC dénonce l’effondrement des droits économiques, sociaux et culturels des jeunes en Haïti

L’Institut National pour la Défense des Droits Économiques, Sociaux et Culturels (INDDESC), institution indépendante engagée dans la promotion et la protection des droits humains de deuxième génération, exprime sa profonde indignation face à la détérioration accélérée des conditions de vie de la jeunesse haïtienne.

En effet, Haïti traverse une crise systémique où l’écrasante majorité des jeunes, plus de 95 % selon les estimations de terrain, vit dans une pauvreté extrême, privée de leurs droits fondamentaux tels que : emploi, éducation, santé, logement, sécurité sociale, loisirs et culture. Cette réalité constitue une violation structurelle et massive des engagements internationaux de l’État haïtien, notamment ceux contenus dans le Pacte International relatif aux Droits Économiques, Sociaux et Culturels (PIDESC) et le Protocole de San Salvador, tous deux dotés d’une valeur supra-législative dans l’ordre juridique interne.

Le chômage endémique, l’absence de politiques de formation, d’accès au crédit ou de stages professionnels pour les jeunes diplômé(e)s, ainsi que l’exclusion du système économique, révèlent l’inaction d’un État démissionnaire. Dans un pays où les jeunes représentent plus de 60 % de la population, l’abandon de cette force vive n’est pas seulement une faute politique : c’est un suicide collectif.

Cette marginalisation systémique n’est pas une fatalité. Elle est la conséquence directe de choix politiques délibérés et d’un ordre économique profondément inégalitaire. Elle alimente la délinquance juvénile, les migrations forcées, le crime organisé et l’effondrement des liens sociaux.

En ce sens, l’INDDESC exige des mesures immédiates, concrètes et structurantes :

– L’adoption urgente de politiques publiques centrées sur l’insertion sociale, professionnelle et économique des jeunes ;

– Le financement massif de programmes d’accès au logement, à l’éducation et à la santé pour les jeunes des quartiers populaires ;

– La création de mécanismes de justice sociale et de redistribution équitable des ressources nationales ;

– Le respect effectif des droits économiques, sociaux et culturels, considérés comme des créances légitimes envers chaque citoyen·ne.

La jeunesse haïtienne a le droit de rêver, de créer, d’exister dignement sur son territoire. Il est temps de briser le cycle de l’injustice et de la résignation.

L’INDDESC reste mobilisé et appelle à la résistance civique et intellectuelle pour la reconquête des droits-créances, droits de deuxième génération des droits humains à valeur contraignante, socle d’une société juste, égalitaire et durable basée sur la mobilité et l’intégration socio-économiques.

Me Frédo Jean Charles

Président

À suivre