Les rues principales de Grande-Bretagne ont bénéficié d’un essor bienvenu le mois dernier alors que Pâques anticipée a attiré les acheteurs, mais les détaillants avertissent que le rebond pourrait s’avérer éphémère alors qu’une nouvelle vague d’augmentations d’impôts et de coûts salariaux pèse sur le secteur ce mois-ci.
La fréquentation totale du Royaume-Uni a augmenté de 2,4 pour cent sur un an en mars, selon les chiffres du British Retail Consortium (BRC), inversant un début d’année sombre qui a vu le nombre de clients chuter de 0,6 pour cent en janvier et de 4,5 pour cent en février, le temps humide persistant gardant les rues principales calmes.
Mais derrière ce chiffre se cache une histoire plus inquiétante. Le BRC a averti que la hausse de Pâques, qui est arrivée plus tôt que d’habitude cette année, n’a pas répondu à ce sur quoi les détaillants comptaient, laissant beaucoup d’entre eux n’être pas d’humeur à célébrer alors que les pressions sur les coûts d’avril commencent à se faire sentir.
Les centres commerciaux ont dominé la reprise avec une hausse de 2,6 pour cent, suivis de près par les parcs commerciaux avec 2,5 pour cent, tandis que les rues commerçantes elles-mêmes ont enregistré une hausse plus modeste de 2 pour cent. Au niveau régional, Manchester a réalisé le retour le plus fort, avec une fréquentation totale en hausse de plus de 9 pour cent, tandis que Londres a devancé la moyenne nationale avec 3,3 pour cent.
Helen Dickinson, directrice générale du BRC, a émis une note prudente. Avec Pâques et les vacances scolaires tombant plus tôt cette année, a-t-elle déclaré, les détaillants s’attendaient à une poussée plus forte que celle réellement délivrée en mars. Un temps plus chaud pourrait contribuer à maintenir la dynamique dans les semaines à venir, a ajouté Dickinson, mais sans une nouvelle hausse en avril, la reprise était loin d’être assurée.
Andy Sumpter, consultant en vente au détail chez Sensormatic, qui compile les données de fréquentation du BRC, a été encore plus direct, suggérant que le mois de mars aurait enregistré une baisse totale sans l’effet de Pâques. Il a souligné un cocktail inquiétant de baisse de confiance des consommateurs, d’incertitude géopolitique et de hausse du coût de la vie, notamment à la pompe à essence, comme raisons pour lesquelles les acheteurs réduisent leurs voyages discrétionnaires. Le véritable test, a-t-il soutenu, sera de savoir si la fréquentation pourra résister une fois que l’impulsion de Pâques s’estompera et que les comparaisons d’une année sur l’autre seront de nouveau plus difficiles.
L’ambiance parmi les chefs de commerce de détail a été améliorée, ne serait-ce que provisoirement, par l’annonce par le président Trump d’un cessez-le-feu de deux semainesmême si cet accord a depuis été mis en doute. Le BRC a noté qu’une réouverture du détroit d’Ormuz, si elle se concrétisait, pourrait ramener les prix mondiaux de l’énergie vers des niveaux plus gérables avant que la plupart des entreprises ne renouvellent leurs contrats d’approvisionnement.
Malgré cela, les voyants d’avertissement du tableau de bord du magasin restent allumés. Les organismes professionnels représentant à la fois le commerce de détail et l’hôtellerie tirent la sonnette d’alarme face à la hausse des coûts de l’emploi et à la hausse des tarifs professionnels en avril, qui, ensemble, menacent d’avaler toute aubaine que le commerce de Pâques aurait pu produire.
Dickinson a exhorté les ministres à faire leur part en allégeant le fardeau des coûts de la politique intérieure, arguant que la réduction des frais généraux permettrait aux opérateurs d’investir dans la valeur, l’expérience et leur offre en magasin, ce qui, a-t-elle dit, contribue à générer de la fréquentation et à donner vie aux économies locales.
Pour les PME britanniques, qui constituent la majeure partie des opérateurs indépendants du secteur, le message des données est sans équivoque. Pâques a offert un répit passager, mais les pressions structurelles qui pèsent sur les marges ne montrent que peu de signes d’atténuation. Que le modeste rebond de mars s’avère être la première hirondelle de l’été ou simplement un bref intermède avant le retour de conditions commerciales plus difficiles, craignent les détaillants, dépendra des décisions prises à Whitehall autant que dans les magasins.
Jamie Jeune
Jamie est journaliste principal chez Business Matters, apportant plus d’une décennie d’expérience dans le reporting commercial des PME britanniques. Jamie est titulaire d’un diplôme en administration des affaires et participe régulièrement à des conférences et des ateliers de l’industrie. Lorsqu’il ne rend pas compte des derniers développements commerciaux, Jamie se passionne pour encadrer les journalistes et les entrepreneurs de la relève afin d’inspirer la prochaine génération de chefs d’entreprise.



