Les accusations portées contre Durov, qui est également citoyen français, portent notamment sur le fait que sa plateforme est utilisée pour diffuser du matériel pédopornographique et du trafic de drogue, et que Telegram a refusé de partager des informations ou des documents avec les enquêteurs lorsque la loi l’exige.
Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei.Crédit: AP
Le premier chef d’inculpation préliminaire retenu contre lui est celui de « complicité de gestion d’une plateforme en ligne permettant des transactions illicites en groupe organisé », un délit passible de peines allant jusqu’à 10 ans de prison et 500 000 euros d’amende, a précisé le parquet.
En vertu du droit français, les charges préliminaires signifient que les magistrats ont de bonnes raisons de croire qu’un crime a été commis, mais accordent plus de temps pour une enquête plus approfondie.
Les autorités françaises ont ouvert une enquête préliminaire en février en réponse à « l’absence quasi totale de réponse de Telegram aux demandes judiciaires » de données pour poursuivre des suspects, notamment ceux accusés de crimes contre des enfants, a indiqué le parquet.
L’arrestation de Durov en France a provoqué l’indignation en Russie, certains responsables gouvernementaux la qualifiant de politiquement motivée et de preuve du double standard de l’Occident en matière de liberté d’expression. Ce tollé a fait sourciller les détracteurs du Kremlin, car en 2018, les autorités russes elles-mêmes ont tenté de bloquer l’application Telegram mais ont échoué, levant l’interdiction en 2020.
Le cofondateur de Telegram, Pavel Durov, sur une photo publiée sur l’application.Crédit: Télégramme
En Iran, où Telegram est largement utilisé malgré son interdiction officielle après des années de manifestations remettant en cause la théocratie chiite du pays, l’arrestation de Durov en France a suscité des commentaires du guide suprême de la République islamique.
L’ayatollah Ali Khamenei a fait l’éloge, à mots couverts, de la France pour sa « rigueur » envers ceux qui « violent votre gouvernance » d’Internet.
Le président français Emmanuel Macron a déclaré lundi que l’arrestation de Durov n’était pas une décision politique mais faisait partie d’une enquête indépendante. Macron a déclaré sur X que son pays « est profondément attaché » à la liberté d’expression mais que « les libertés sont respectées dans un cadre légal, à la fois sur les réseaux sociaux et dans la vie réelle, pour protéger les citoyens et respecter leurs droits fondamentaux ».
Dans une déclaration publiée sur sa plateforme après l’arrestation de Durov, Telegram a déclaré qu’elle respectait les lois de l’UE et que sa modération était « conforme aux normes du secteur et en constante amélioration ».
Reuters, Bloomberg, AP
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