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L’assassinat de Wisly Villefranche porte à 23 le nombre de policiers haïtiens tués par balles en 2024. Cet incident s’est produit jeudi alors que la police s’efforce de déloger les gangs dans les zones sous son contrôle. Le même jour, le secrétaire d’État américain Antony Blinken était en Haïti pour réaffirmer le soutien de l’administration Biden-Harris aux autorités haïtiennes, aux forces de l’ordre et à la mission multinationale dans les efforts visant à rétablir la sécurité et un chemin vers des élections démocratiques.
PORT-AU-PRINCE — Wisly Villefranche, un officier de première classe de la 28e cohorte de la Police nationale d’Haïti (PNH), a été tué jeudi lors d’une opération contre des gangs armés à Port-au-Prince. Villefranche est le troisième officier tué par balles dans la capitale en moins d’un mois, portant le nombre total de policiers tués en Haïti à 23 pour l’année 2024. Ces décès surviennent alors que la PNH, appuyée par la mission Multinational Security Support (MSS) dirigée par le Kenya, mène des opérations pour reconquérir des territoires contrôlés par des gangs criminels.
L’officier Villefranche était affecté à la Brigade d’intervention (BI) près du Palais national au Champs-de-Mars. Il a été blessé par balle à la tête et est décédé sur place. Son corps a été récupéré plus tard par des collègues.
Selon les médias locaux, l’intervention de la police fait suite à un appel de détresse des habitants concernant des individus lourdement armés envahissant le secteur de la rue Magloire, provoquant la panique s’étendant jusqu’au Champs-de-Mars.
« C’est avec honneur que nous vous disons adieu, camarade. Le SPNH salue votre départ et demande à l’État de soutenir votre famille. »
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SPNH-17 appelle le gouvernement à soutenir la famille de la victime
Une fois de plus, le Syndicat de la Police Nationale d’Haïti (SPNH-17) a exprimé sa consternation face à la perte continue d’officiers à cause de la violence des gangs, soulignant le courage de Villefranche dans la défense des habitants de Port-au-Prince contre plus de 150 assaillants armés. Dans un message publié sur XLe syndicat a présenté ses condoléances à la famille de la victime et à ses collègues tout en exigeant justice et réparations.
Le SPNH-17 a rendu hommage au courage de Villefranche en déclarant : « C’est avec honneur que nous vous disons adieu, camarade. Le SPNH appelle l’État à soutenir votre famille. »
Parmi les décès récents de policiers, on compte : James Dorsainvil et Médjine Nathanielle Michel Les deux femmes ont été tuées respectivement le 15 et le 28 août. Dorsainvil a été assassinée lors d’une attaque à Solino par des gangs de Bel-Air. Quant à Michel, elle a été tuée à Delmas 75, dans la banlieue nord-est de Port-au-Prince, lorsque son véhicule a été attaqué alors qu’elle se rendait au travail. Sa sœur et son beau-frère ont été arrêtés en lien avec son meurtre.
La police et les infrastructures haïtiennes sont de plus en plus la cible des gangs, ce qui rend difficile la recherche de commissariats de police opérationnels dans les zones contrôlées par les gangs. Récemment, le gang 400 Mawozo a incendié le commissariat de police de Ganthier, après des attaques similaires contre des commissariats à Carrefour, Gressier, Archaie et Cabaret par d’autres gangs.
Malgré plusieurs interventions conjointes des unités antigang de la PNH et des officiers kenyans, ces groupes armés poursuivent leurs assauts contre les forces de l’ordre.

Un officier tué lors de la visite du secrétaire d’État américain
La mort de Villefranche a coïncidé avec Visite du secrétaire d’État américain Antony Blinken en Haïtioù il a rencontré les autorités locales dans un contexte de violence généralisée des gangs, en particulier dans 80 % de Port-au-Prince et dans une partie importante du département de l’Artibonite. Blinken a réaffirmé l’engagement des États-Unis à soutenir le rétablissement de la sécurité dans le pays et a annoncé une aide humanitaire supplémentaire de 45 millions de dollars.
Blinken a reconnu les défis auxquels est confrontée la mission MSS et a évoqué la possibilité de la transformer en mission des Nations Unies pour attirer davantage de soutien international, ouvrant ainsi la voie à son succès à long terme. Les États-Unis ont déjà contribué à hauteur de 300 millions de dollars à la mission, ce qui comprend la fourniture d’équipements et de soutien aux infrastructures. Cependant, elle n’a pas obtenu un soutien financier suffisant de la part des autres États membres de l’ONU pour la rendre pleinement opérationnelle au-delà du déploiement de 400 policiers kényans.
Edgar Gardy Leblanc Fils, président du Conseil présidentiel de transition (CPT), est favorable à la transformation de la mission kenyane en mission de l’ONU, citant les problèmes de financement comme un obstacle au déploiement de personnel supplémentaire en provenance du Kenya et d’autres pays.
« Si la nature de la mission change, cela garantirait un financement obligatoire de l’ONU », a déclaré Leblanc. « Cependant, la mission doit être limitée dans le temps afin de démanteler les gangs et de transférer rapidement les responsabilités aux forces de sécurité nationales d’Haïti. »



