L’ambassadeur américain prévient que l’alignement de Starmer sur l’UE pourrait nuire aux relations commerciales entre le Royaume-Uni et les États-Unis

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Les États-Unis ont averti que les efforts de Sir Keir Starmer pour réaligner plus étroitement le Royaume-Uni sur les règles de l’Union européenne risquaient de nuire au commerce transatlantique, dans le cadre d’une intervention publique rare qui met en lumière les tensions croissantes autour de la stratégie post-Brexit de la Grande-Bretagne.

Warren Stephens a déclaré que Washington considérait le projet du gouvernement britannique de réintroduire des éléments de la réglementation européenne, notamment en matière de normes agricoles et alimentaires, comme un obstacle potentiel au commerce avec les États-Unis.

« Dans la mesure où cela affecte le commerce et les exigences américaines, cela va poser un problème », a-t-il déclaré devant un auditoire d’affaires à Londres, ajoutant qu’une telle décision « ne sera pas accueillie favorablement à Washington ».

Cet avertissement intervient alors que Keir Starmer et la chancelière Rachel Reeves cherchent à resserrer leurs liens économiques avec Bruxelles, notamment en envisageant de réintroduire une première tranche de 76 directives européennes dans la législation britannique.

L’alignement proposé, largement axé sur les normes agricoles et alimentaires, vise à fluidifier les relations commerciales avec l’UE et à réduire les frictions pour les exportateurs. Cependant, les responsables américains craignent que cela ne complique l’accès au marché pour les produits américains, en particulier là où les normes réglementaires divergent.

Stephens a suggéré que la tentative du Royaume-Uni d’équilibrer ses relations avec Bruxelles et Washington pourrait créer des pressions concurrentes.

« Je sais que l’UE est importante pour le Royaume-Uni et que vous devez faire ce qui est le mieux pour vous », a-t-il déclaré. “Mais cela a des implications sur nos relations commerciales.”

Ces commentaires reflètent également une frustration plus large à Washington face au rythme des progrès sur le Accord commercial entre le Royaume-Uni et les États-Unis convenu l’année dernière sous Donald Trump.

Bien que l’accord soit entré en vigueur à la mi-2025, Stephens a indiqué que les États-Unis souhaitent une mise en œuvre plus rapide et une intégration plus profonde.

« Nous sommes enthousiasmés par ces accords et prêts à agir », a-t-il déclaré. « Nous voulons voir la même urgence de la part de nos partenaires. »

Parmi les propositions en discussion figure un cadre qui permettrait aux entreprises de lever des capitaux sur les marchés britanniques et américains en utilisant les dépôts réglementaires nationaux, une mesure visant à renforcer les liens financiers entre les deux économies.

L’ambassadeur américain a comparé les relations relativement fluides entre Washington et le Royaume-Uni à ce qu’il a décrit comme des relations plus difficiles avec l’UE, malgré un accord commercial signé l’année dernière.

Les retards dans la ratification de cet accord, en partie liés aux tensions géopolitiques, ont souligné la complexité des négociations avec l’UE et pourraient influencer les inquiétudes des États-Unis quant au rapprochement du Royaume-Uni des cadres réglementaires européens.

Au-delà du commerce, Stephens a également pesé sur la politique économique plus large, exhortant le Royaume-Uni à utiliser davantage les ressources énergétiques nationales, notamment le pétrole et le gaz de la mer du Nord, pour soutenir la compétitivité et réduire les coûts.

Dans le même temps, il a adopté un ton plus mesuré sur l’engagement du Royaume-Uni avec la Chine, reconnaissant l’importance du marché tout en mettant en garde contre la nécessité de protéger les technologies sensibles et la propriété intellectuelle.

L’intervention met en évidence la position de plus en plus délicate à laquelle est confronté le Royaume-Uni alors qu’il cherche à recalibrer ses relations mondiales dans l’ère post-Brexit.

Les efforts visant à reconstruire les liens avec l’UE sont considérés par le gouvernement comme essentiels pour stimuler le commerce et la croissance économique. Toutefois, les États-Unis restent l’un des partenaires économiques les plus importants du Royaume-Uni, et tout changement perçu vers un alignement européen risque de créer des frictions.

Pour les entreprises, la divergence potentielle des normes réglementaires soulève des questions sur l’accès au marché, les coûts de conformité et la stratégie à long terme.

Alors que le Royaume-Uni adopte une approche plus pragmatique du commerce international, il sera essentiel d’équilibrer ses relations avec l’UE et les États-Unis.

Le dernier avertissement de Washington suggère que l’alignement sur Bruxelles pourrait s’accompagner de compromis et que la voie à suivre pour maximiser les opportunités économiques pourrait être plus complexe que prévu.

Pour les décideurs politiques, le défi sera de naviguer entre ces priorités concurrentes sans affaiblir la position du Royaume-Uni dans l’une ou l’autre de ses relations commerciales les plus importantes.


Amy Ingham

Amy est une journaliste nouvellement diplômée spécialisée dans le journalisme d’affaires chez Business Matters et responsable du contenu de l’actualité pour ce qui est aujourd’hui la plus grande source d’actualités économiques imprimées et en ligne du Royaume-Uni.


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