La même Réserve fédérale qui a augmenté les taux hypothécaires, provoquant des difficultés dans tout le pays, a un nouveau plan.
Cette fois, le gouvernement souhaite faire respecter la réglementation sur les cartes de débit par le biais du règlement II, qui promet de réduire le plafond des commissions d’interchange sur les cartes de débit. Si cette mesure peut paraître positive à première vue, elle va encore plus nuire aux ménages de la classe ouvrière et des minorités tout en accentuant la pression sur le secteur bancaire.
Selon une étude récente de Nick Bourke, ancien directeur des finances à la consommation chez Pew Charitable Trusts, si cette mesure est mise en œuvre, les comptes gratuits pourraient devenir moins courants aux États-Unis, les exigences de solde mensuel minimum augmenteront et les frais de gestion mensuels augmenteront. Son étude montre notamment que les consommateurs peuvent s’attendre à payer 1,3 à 2 milliards de dollars supplémentaires par an en frais de compte bancaire.
Aujourd’hui, chaque fois qu’un consommateur utilise une carte de débit pour effectuer un achat, le commerçant verse une petite commission à la banque du titulaire de la carte. Ce paiement permet de couvrir les frais liés à l’offre de cartes de débit par les banques, à la gestion de la technologie, à la mise en œuvre de mesures de prévention de la fraude et à l’obtention des fonds nécessaires à la vente des biens ou services proposés par le vendeur.
La proposition de la Réserve fédérale réduirait ce montant. En 2021 encore, les banques traitaient 4,2 billions de dollars de transactions, offrant aux clients un accès 24 heures sur 24 aux biens et services. Cependant, le traitement des paiements a un coût, et celui-ci ne disparaît pas simplement parce que la Réserve fédérale impose un plafond. Le coût de ces services bancaires devra être compensé ailleurs.
Alors que l’économie a mis à rude épreuve les budgets des ménages, le nombre de personnes « non bancarisées » (la FDIC définit une personne « non bancarisée » comme une personne qui ne possède ni compte courant ni compte épargne auprès d’une institution bancaire assurée par la FDIC) aux États-Unis a augmenté. Selon une enquête de la FDIC de 2017 sur les ménages non bancarisés et sous-bancarisés, 30 % des ménages américains qui avaient auparavant un compte bancaire ont déclaré qu’ils n’avaient plus de compte bancaire parce que les frais de compte étaient trop élevés et imprévisibles. Les ménages non bancarisés sont en grande partie issus de la classe ouvrière et des minorités.
Cette proposition va exacerber ce phénomène.
L’augmentation des coûts pour les consommateurs et l’augmentation du nombre de ménages « non bancarisés » ne sont pas de bonnes politiques publiques et sont néfastes pour les consommateurs. Les banques et autres institutions financières utilisent les paiements par carte de débit pour réduire les frais de découvert et élargir l’accès aux comptes chèques gratuits. Pire encore, ce plafond sera plus difficile à absorber pour les petites banques. Cela signifie que les institutions qui soutiennent les activités communautaires devront probablement réduire ou cesser complètement leur soutien.
Ce n’est pas le moment de proposer cette réglementation, et elle devrait être retirée. Elle est néfaste pour les banques locales et communautaires, elle est néfaste pour les consommateurs, et elle frappe surtout les ménages pauvres et les ménages qui travaillent. L’économie a été durement touchée par les hausses spectaculaires des taux d’intérêt. Lorsque la Fed annonce qu’elle va commencer à les abaisser, elle ne devrait pas annuler cette mesure positive en imposant la réglementation II.
Saul Anuzis est le directeur et associé directeur de Coast to Coast Strategies/InsideSources




