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La Police Nationale d’Haïti, par la voix de son porte-parole adjoint, a confirmé l’arrestation de l’ancien député Prophane Victor de Petite-Rivière de l’Artibonite. Son arrestation faisait suite à une perquisition très médiatisée à sa résidence à Pétion-Ville. La détention de Victor fait partie d’une enquête plus large menée par la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) qui cible des personnalités influentes liées aux puissants gangs haïtiens. Magalie Habitant, ancienne directrice du Service national de gestion des déchets solides (SNGRS), a également été interpellée dans cette opération.
PORT-AU-PRINCE — L’ancien député de Petite-Rivière dans l’Artibonite, Prophane Victor, a été arrêté le 12 janvier par des agents de la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ). Cette arrestation s’inscrit dans le cadre d’enquêtes en cours visant des personnalités influentes d’Haïti liées à des gangs terrorisant la population, a confirmé le porte-parole de la Police Nationale d’Haïti (PNH).
Le porte-parole adjoint de la police, Lionel Lazarre, a confirmé l’arrestation, précisant qu’une perquisition a été menée au domicile de Victor à Vivy Mitchell, un quartier de Pétion-Ville. UN vidéo publiée sur les réseaux sociaux de la PNH montre des agents de la PNH fouillant la propriété à la recherche de preuves.
La détention de Victor fait suite à l’arrestation, le 9 janvier, de Magalie Habitant, ancienne directrice du Service national de gestion des déchets solides (SNGRS), également par la DCPJ à Pétion-Ville.
Ces arrestations très médiatisées interviennent dans un contexte d’inquiétude croissante du public et d’exigences de responsabilisation. la violence des gangs fera plus de 5 000 morts en 2024 et déplaçant plus de 700 000 personnes. Les autorités haïtiennes s’engagent à prendre d’autres mesures alors que la population attend des progrès dans la lutte contre l’insécurité croissante en Haïti.
Le nom de Victor a longtemps été associé à des allégations selon lesquelles il aurait alimenté la violence des gangs, armé des groupes criminels et financé leurs activités. Toutefois, aucune accusation formelle n’a été retenue contre lui à ce jour. Actuellement en détention, Victor a déjà fait face à des sanctions internationales. Il fait partie d’une poignée de personnalités politiques, aux côtés de chefs de gangs identifiés comme Jimmy « Barbeque » Cherizier, Johnson « Izo » André, René « Ti Lapli » Destina et Wilson « Lanmò San Jou » Joseph, nommés sur un Liste des sanctions des Nations Unies rendu public en 2022.
Une série d’accusations et de sanctions
Un groupe d’experts des Nations Unies sur le rapport d’Haïti a lié Victor au chef du gang Gran Grif et à l’escalade de la violence à travers les communes de l’Artibonite dont L’Estère, Petite-Rivière de l’Artibonite, Liancourt, Gros-Morne et Terre-Neuve. Le rapport met en évidence le recours à la violence sexuelle et sexiste, en particulier le viol, comme méthode de contrôle, prétendument par des gangs directement liés à Victor.
Victor a fait face à des accusations répétées de collaboration avec des gangs dans le pays, notamment à Savien, dans l’Artibonite. En 2019, un ancien chef de gang, connu sous le nom d’Odma, avait accusé Victor d’avoir fourni des armes à feu et des munitions lors de sa campagne électorale. Victor a nié ces allégations et les autorités haïtiennes n’ont pas ouvert d’enquête.
Des rapports locaux suggèrent que Victor a engagé un inspecteur de police pour soutenir les activités criminelles d’Odma pendant sa campagne.. Malgré ces accusations, aucune procédure judiciaire n’a été engagée contre lui localement.
Le Canada a également sanctionné Victor et l’ancienne sénatrice de l’Artibonite Gracia Delva, interdisant leur entrée et gelant les avoirs détenus sur les territoires canadiens. Ces actions font partie d’une campagne plus large menée par le Canada et les États-Unis visant à cibler des responsables et personnalités politiques haïtiens accusés d’exacerber l’insécurité dans le pays.
En septembre 2024, l’Office of Foreign Assets Control (OFAC) du Département du Trésor américain a imposé sanctions contre l’ancien député haïtien pour son rôle de soutien et d’armement des gangs dans le département de l’Artibonite. Le chef de gang Luckson Élan, à la tête du groupe Gran Grif, a également été sanctionné. L’OFAC a cité leurs actions comme ayant contribué à de graves violations des droits de l’homme en Haïti.
Lien avec l’arrestation d’une autre personnalité controversée, Magalie Habitant
L’arrestation de Victor suit de près celle d’Habitant, accusé de liens avec la coalition des gangs « Viv Ansanm ». La PNH a interpellé Habitant, ancienne directrice du Service national de gestion des déchets solides (SNGRS), ainsi que son chauffeur, Jean Philippe Lener, et perquisitionné son domicile. Depuis le 9 janvier, elle est détenue par la DCPJ, sous interrogatoire sur des liens présumés avec des gangs, ainsi que sur des accusations de mauvaise gestion et de détournement de fonds lors de son mandat au SNGRS en 2021.
Les autorités indiquent que d’autres arrestations pourraient suivre sur la base des interrogatoires de Victor et Habitant alors qu’elles annoncent des efforts continus pour lutter contre l’insécurité continue alimentée par les activités des gangs en Haïti.


