Rachel Reeves a été informée par l’un des organismes économiques les plus influents au monde que le système fiscal britannique freine le pays et nécessite une intervention chirurgicale urgente si la chancelière souhaite sérieusement relancer la croissance.
Dans une intervention pointue, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a exhorté le Trésor à lancer une « révision fiscale approfondie pour rendre le système fiscal plus efficace et plus favorable à la croissance », arguant que des décennies de bricolage ont laissé la Grande-Bretagne avec une mosaïque de distorsions, de lacunes et d’évaluations dépassées qui pénalisent les entreprises et dissuadent les investissements.
La dernière évaluation du groupe de réflexion basé à Paris sera difficile à lire dans Downing Street. Il conclut que l’économie britannique est freinée non seulement par les vents contraires familiers que sont les coûts d’emprunt élevés et la faiblesse de la productivité, mais aussi par un code fiscal que les entreprises ont appris à manipuler et que les contribuables ordinaires ont de plus en plus de mal à comprendre.
Au cœur des recommandations de l’OCDE se trouve un appel à élargir l’assiette de la TVA, en supprimant un ensemble d’allégements et d’exonérations que les économistes qualifient de « largement inefficaces et régressifs ». C’est le genre de réforme qui pourrait finalement reléguer dans l’histoire l’absurdité de longue date du HMRC devant se prononcer sur la question de savoir si un Le Jaffa Cake est un biscuit ou un gâteaule genre de zone grise qui a généré des décennies de procès et de colonnes de colonnes. L’OCDE suggère que toutes les recettes supplémentaires générées par la suppression de ces lacunes pourraient être recyclées pour protéger les ménages à faible revenu grâce à des transferts ciblés.
L’impôt foncier fait l’objet de critiques tout aussi acerbes. L’OCDE note que les tranches d’impôts communaux reposent toujours sur les évaluations immobilières établies en 1991, une situation qu’aucun gouvernement n’a osé toucher de peur de déclencher une réaction politique parmi les propriétaires dont les valeurs imposables ne reflètent plus le marché immobilier moderne. Les chanceliers successifs ont renoncé à la réévaluation, laissant un prélèvement que les économistes considèrent comme l’un des plus générateurs de distorsions dans le monde développé.
Pour les petites et moyennes entreprises, les arguments en faveur d’une réforme sont évidents depuis longtemps. Les entrepreneurs, les comptables et les propriétaires-dirigeants se plaignent depuis des années de la complexité du code HMRC, du piège fiscal punitif de 100 000 à 125 000 £ qui pénalise l’aspiration, de l’interaction de l’impôt sur le revenu avec le remboursement des prêts étudiants et des falaises qui pèsent sur le droit de timbre. Chacun d’entre eux est devenu une étude de cas montrant comment de bonnes intentions, ancrées année après année, peuvent produire un système que personne ne concevrait à partir de zéro.
La Grande-Bretagne disposait autrefois d’un organisme spécifiquement chargé de répondre à ces frustrations. L’Office de simplification fiscale, un organisme indépendant créé pour réduire les charges administratives, a survécu pendant 13 ans avant d’être aboli par Kwasi Kwarteng au cours de son bref mandat de chancelier. Ses recommandations ont souvent été ignorées, même lorsqu’il existait, et sa fermeture a été largement considérée à l’époque comme le signe que Whitehall avait perdu tout intérêt pour une réforme structurelle sérieuse.
L’avertissement de l’OCDE arrive à un moment délicat pour Reeves. Plusieurs groupes de réflexion, dont l’Institute for Government, ont exhorté la chancelière à poursuivre une réforme fiscale globale avant le budget de l’année dernière, alors qu’elle s’efforçait de combler un trou noir budgétaire se chiffrant en milliards. Elle est désormais confrontée à des pressions similaires plus tard cette année, avec la guerre en Iran qui pèse sur la croissance mondiale, les taux d’intérêt obstinément élevés et les coûts d’emprunt montrant peu de signes d’allègement.
Le rapport s’aventure également dans un territoire plus politiquement chargé, critiquant le gouvernement pour les conflits d’intérêts dans ses relations avec les entreprises – un coup qui sera inévitablement lu à Westminster comme une référence à la récente controverses autour de Lord Mandelson et Labour Together, ainsi que le flux constant d’anciens députés accédant à des postes dans le secteur privé qui ont fait sourciller des deux côtés de la Chambre. L’OCDE recommande que les engagements juridiquement contraignants en matière de violations soient étendus aux carrières post-publiques des hommes politiques ainsi qu’à leurs périodes de mandat.
Parmi ses autres recommandations, le groupe de réflexion appelle à repenser les subventions à la formation des salariés financées par la taxe d’apprentissage, suggérant que les ressources soient réorientées vers les jeunes qui ont du mal à s’insérer sur le marché du travail.
En réponse au rapport, un porte-parole du Trésor a déclaré que le gouvernement « réformait déjà le système fiscal pour le rendre plus efficace, plus moderne et plus équitable », ajoutant qu’il « s’attaquait à des allègements qui coûtent désormais bien plus que prévu et profitent de manière disproportionnée aux riches ».
Que cela équivaut au genre de refonte en profondeur que l’OCDE exige, ou simplement à davantage de bricolages fragmentaires qui ont amené le système à son état actuel, cela deviendra plus clair lorsque Reeves se présentera à la boîte d’envoi plus tard cette année. Pour les PME britanniques, qui supportent une part disproportionnée du fardeau de la conformité, l’espoir sera qu’elle s’empare enfin de la situation.
Jamie Jeune
Jamie est journaliste principal chez Business Matters, apportant plus d’une décennie d’expérience dans le reporting commercial des PME britanniques. Jamie est titulaire d’un diplôme en administration des affaires et participe régulièrement à des conférences et des ateliers de l’industrie. Lorsqu’il ne rend pas compte des derniers développements commerciaux, Jamie se passionne pour encadrer les journalistes et les entrepreneurs de la relève afin d’inspirer la prochaine génération de chefs d’entreprise.



